Recette de lasure à l’huile de lin

La lasure : un glacis à l’huile de lin

Dans la très grande diversité des recettes traditionnelles à l’huile de lin, la lasure occupe une place qui ne se réduit toujours pas. Sans doute grâce à son adaptabilité et sa simplicité ! Les ingrédients sont faciles à trouver et bon marché, et la mise en œuvre n’offre pas de difficulté particulière.

Images destinées à illuster le livre de Marie Vanesse, Peintures recettes maison, Le Bec en l'air, 2010
L’huile de lin pour artistes, crue et purifiée.

Une recette pour le décor du bois

La lasure est une couche protectrice et décorative transparente qui met en valeur les veines du bois. C’est aussi une bonne alternative à la traditionnelle céruse, adaptée également aux bois tendres pour lesquels il n’est pas possible de creuser les veines au préalable comme le demande une vraie céruse.

Images destinées à illuster le livre de Marie Vanesse, Peintures recettes maison, Le Bec en l'air, 2010
La céŽruse blanche traditionnelle met en valeur les bois durs.

L’huile de lin

En peinture, on utilise l’huile de lin pour ses propriétés siccatives (sa faculté de sécher au contact de l’air). Elle peut néanmoins être remplacée par d’autres huiles aux mêmes propriétés : lin, noix, œillette ou carthame.
L’huile de lin, si elle sèche relativement vite et donne un film dur, a tendance à jaunir avec le temps, surtout si elle ne reçoit pas assez de lumière. On évitera de l’utiliser pour des peintures très claires (je ne l’utilise pas pour mes imitations de marbres blancs par exemple). On pourra alors choisir de l’huile d’œillette – même si elle sèche beaucoup plus lentement et qu’elle est beaucoup plus chère.
Pour une peinture de type « bâtiment », l’huile de lin convient en général très bien.

Attention ! L’huile d’arachide, de colza ou l’huile d’olive n’étant pas siccatives, il vaut mieux ne pas les utiliser pour vos peintures, la couche risquerait de ne jamais sécher !

La recette de base du glacis à l’huile

Ingrédients

  • 1 part d’huile pour 2 parts d’essence (térébenthine ou citrus)
  • pigment au choix.

Adjuvant facultatif

  • quelques gouttes de siccatif (si l’on est pressé !).
  1. Mélanger une partie de l’huile avec le pigment en écrasant au couteau à palette ou avec le dos d’une cuiller. La quantité d’huile varie en fonction du pigment choisi. La consistance finale doit être crémeuse.
Images destinŽes ˆ illuster le livre de Marie Vanesse, Peintures recettes maison, Le Bec en l'air, 2010
Mélange huile et pigment

2. Laisser reposer quelques minutes afin que le pigment s’imbibe (cette pâte se conserve dans un bocal hermétique, recouverte d’une pellicule d’huile).

3. Mélanger avec le reste de l’huile.

4. Ajouter ensuite l’essence. Ce glacis, composé d’un tiers d’huile et deux tiers d’essence est dit « maigre ». Pour un glacis « gras », doubler la proportion d’huile.

Ajout de l'essence (thérébentine ou citrus).
Ajout de l’essence (thérébentine ou citrus).

5. Le temps de séchage du glacis à l’huile, assez long, peut être réduit par l’ajout de quelques gouttes de siccatif (pas plus de 1 cuiller à café par litre de glacis).

6. Appliquer au spalter, en couche très fine.


Cette recette en détail, avec une cinquantaine d’autres se retrouve dans mon manuel pratique « Peintures, recettes maison »

172 pages illustrées pas-à-pas, éditions Le Bec en l’Air 2010.

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Cet article a 6 commentaires

  1. Manon

    Bonjour,

    Je souhaite réaliser une lasure blanche pour un plafond, pensez vous qu’il risque de jaunir si j’utilise de l’huile de lin?
    Auriez vous une recommandation sur le pigment blanc a utiliser et la quantité ?

    Merci beaucoup pour cet article très instructif !

    En vous souhaitant une très belle semaine !

    Manon

  2. marie

    Bonjour Manon,
    Merci pour votre message !
    Une bonne huile de lin « clarifiée » n’est pas censée jaunir dans des conditions normales d’exposition aux UV. L’huile qui jaunit le moins est l’huile d’œillette mais elle est chère et peu siccative : il lui faut beaucoup de temps pour durcir.
    Comme pigment blanc, je vous propose de choisir du blanc de titane si vous voulez un blanc opaque. Le blanc de lithopone est quant à lui semi-transparent et je ne vous conseille pas le blanc de zinc que l’on réservera plutôt aux mélanges.
    La quantité de pigment va dépendre du degré de couvrance que vous désirez pour votre lasure, le mieux est de faire des essais sur une chute de bois ou un coin peu visible de votre surface, en notant le dosage de pigment pour pouvoir refaire la recette en plus grande quantité.
    Bonne peinture !!

  3. Céline

    Bonjour,
    Habituellement, après une vingtaine de minutes, on doit essayer la couche d’huile de lin afin d’enlever l’excès et que le surface ne reste pas collante. Qu’en est il lorsque l’on ajoute un pigment (comme dans le cas de votre recette de base du glacis à l’huile)?
    Merci pour votre réponse.
    Bien à vous.

    Céline

  4. marie

    Bonjour Céline,
    Si le bois n’a pas absorbé toute la lasure ou le glacis, on peut en effet essuyer l’excédent. L’ajout de pigment ne modifie pas cela.
    Amicalement,
    Marie

  5. Céline

    Bonjour,
    J’ai encore quelques questions:
    – j’ai commencé ma préparation en mélangeant mes pigments (carbonate de calcium -100g-, cendre tamisée -25g-, argile blanche -5g-) et j’obtiens une consistance crémeuse avec l’ajout de 65g d’huile de lin. Dans votre post, vous expliquez qu’il faut ensuite mélanger avec le reste de l’huile… Et je m’interroge sur la quantité d’huile à ajouter à ce stade… J’ai peur que ma peinture après les ajouts d’huile et d’essence de térébenthine soit au final trop liquide…
    – je souhaite réaliser une lasure sur une fenêtre en bois de chêne (intérieur et extérieur)… Quelles proportions d’huile/essence de térébenthine me conseillez vous? Combien de couches?
    Comment savoir que ma lasure est prête pour la couche suivante?
    Merci pour votre aide.
    Bien à vous.
    Céline

  6. marie

    Bonjour,
    Une lasure est par définition plus liquide qu’une peinture, tout comme un glacis. Si vous voulez une consistance crémeuse, il vaut mieux préparer une peinture, qui vous donnera un résultat couvrant.
    Pour l’extérieur, les proportions ne changent pas : vous pouvez élaborer la recette de base. Il vous faudra environ trois couches, selon l’état de votre fond. Une couche est prête pour la suivante quand elle est bien sèche au toucher.
    Bonne peinture !